SAMLONG Jean François

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Jean-François Samlong

MADAME DESBASSAYNS :

SECONDE PROVIDENCE OU DIABLESSE ?

Jean-François Samlong a participé au film que William Cally réalise en ce moment sur un personnage exceptionnel qui a marqué l’histoire et l’imaginaire des Réunionnais : Madame Desbassayns, épouse de Henri-Paulin Panon Desbassayns… Une maîtresse d’habitation qui avait des qualités intellectuelles bien au-dessus de la moyenne, une maîtresse femme, une femme redoutable en affaires, genre poigne de fer dans un gant de velours. Le tournage a eu lieu à l’intérieur de la Chapelle Pointue. Une première projection de ce docu-fiction est prévue pour le 20 décembre 2014.

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Jean-François Samlong

JEAN-FRANCOIS SAMLONG :

CHEVALIER DE L’ORDRE NATIONAL DU MERITE



Le décret a paru au Journal officiel du 15 mai 2014, une distinction honorifique pour le président de l’Udir qui, depuis plus de 34 ans, travaille à la promotion de la culture réunionnaise dans et hors de l’île. Il va de soi que, cette distinction, il la partage avec tous ceux qui ont œuvré à ses côtés depuis 1978. Il y a ceux qui sont venus à l’Udir puis qui sont repartis, appelés à d’autres responsabilités ; il y a les adhérents et les membres actuels du Conseil d’administration : Annie Darencourt (vice-présidente déléguée à l’animation et responsable de Bel marmit zistoir), Céline Huet (trésorière et responsable des salons du livre), Mickaëla Weiss (secrétaire, responsable du comité de lecture et de Bel marmit zistoir), Daniel Honoré (responsable du concours Lankréol et de la formation rakontèr zistoir), Grégory Ah-Kiem (webmaster de l’Udir, maquettiste), Michelle Lambert (responsable du salon du livre de Paris auprès du Ministère des outre-mer), Danièle Moussa, Laetitia Ah-Kiem…
Bien entendu, le président de l’Udir n’aurait pas pu développer toutes ces actions sans un partenariat actif établi avec d’autres structures et acteurs culturels (le CCEE, la Ligue de l’Enseignement, la Fabrik, la médiathèque de Saint-Pierre pour le salon du livre Athéna, la médiathèque de Saint-Denis pour l’animation « démay lo kèr », la bibliothèque départementale pour les ateliers d’écriture), et il sait qu’il peut également mener à bien tous ses projets avec le soutien du Ministère des outre-mer (salon du livre de Paris), du Conseil régional, de la DAC-OI, du Conseil général, de la Ville de Saint-Denis. Cette distinction, Jean-François SAMLONG la doit à tous, et cette démarche citoyenne la rend encore plus éclatante car « on reconnaît le citoyen à ce qu’il a part au culte de la cité », sachant rassembler, déléguer, user d’un pouvoir démocratique, comme il sait user, dans ses romans, d’une langue qui appartient à tout le monde.

Photographie: Copyright - Gallimard 2014 - Toute reproduction interdite

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JEAN-FRANÇOIS SAMLONG SUR RADIO NOVA 

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Jean-François Samlong a été invité à participer à la matinale de Radio Nova, à l’hôtel Le Mercure, Saint-Denis, le mardi 13 mai 2014, et il a abordé avec les animateurs divers thèmes qui touchent de près la société réunionnaise : l’illettrisme (120 000 illettrés dans l’île sur une population de 750 000 habitants), Radio Free Dom (une radio de proximité qui continue à plaire aux Réunionnais), la cuisine (rougay saucisses et gratin de chouchou), l’identité réunionnaise (tenir compte du créole, la langue maternelle des Réunionnais pour un meilleur apprentissage de la langue française et peut-être pour limiter le problème de l’analphabétisme dans l’île), la littérature réunionnaise (ce n’est pas une question de thèmes, on a un imaginaire très riche, mais plutôt une remise en cause de l’écriture, d’où la mise en place d’ateliers d’écriture par l’Udir, et la venue en septembre 2014 de Jean-Noël Schifano et d’Antoine Gallimard), la culture réunionnaise (en pleine explosion), l’Europe (une chance pour La Réunion en ce qui concerne l’ouverture culturelle et les apports financiers pour les grands travaux), mais aussi la crise requin avec le roman En eaux troubles (2014) et les croyances populaires avec Une guillotine dans un train de nuit (2012). Le tout par une belle journée ensoleillée avec la piscine et une vue magnifique sur la mer.

 

 

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En eaux troubles (Gallimard - 2014)

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VIENT DE PARAÎTRE

EXTRAIT

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     La mer avait avalé son fils.
Depuis elle dormait peu, et se réveillait la nuit toujours baignée de sueur. Une sueur d’effroi qui glaçait son corps. Elle se levait, se dirigeait vers la fenêtre, tirait les rideaux, comme si une agréable surprise l’attendait sur le ruban de sable, mais dans la pâle clarté lunaire, que remarquait-elle ? Plage déserte, morne. Bouleversée, oppressée, elle fouillait dans sa mémoire pour trouver quelque chose à quoi se raccrocher puis, serrant les rideaux dans ses mains, elle guettait l’aube. Toutes ces nuits, que ce fût à minuit ou à quatre heures du matin, c’était les mêmes yeux marron clair fixés sur le rivage, et elle pensait que même si elle ne voyait pas son fils, elle savait qu’il était là, et lui il savait qu’elle veillerait jusqu’aux aurores, il savait tout l’effort qu’il faudrait pour percer du regard le mur d’ombres, sans une larme, car son chagrin l’avait jetée par terre et trop fait pleurer déjà.
     Pourtant le jour du drame, elle s’en souvenait, vers les deux heures de l’après-midi, une brise légère soufflait sur la passe de l’Ermitage. Temps chaud et sec sur la côte ouest de l’île. Drapeau vert. Vacanciers se bronzant. La lumière éclairant le rire des filles. Qu’y avait-il à craindre ? Absolument rien. Personne n’avait vu, ni même cru voir que quelque chose rôdait sous l’eau, aux aguets.
     Le sable à l’infini, blanc.
     La mer bleue, séduisante — affamée ?

     Deux mois après : 18 décembre 2011 ; et, ici, la même tension palpable.
Ce matin-là, le soleil frôla le toit de tôle rouge de la villa posée au milieu d’un grand jardin, avec une allée de cocotiers, d’autres arbres, une balançoire, un banc, puis la lumière descendit vers la chambre du premier étage où la femme blessée, meurtrie, mortifiée, regardait par la fenêtre, et cette douleur que les mères ne ressentent que dans la perte d’un enfant, c’était ce besoin de maudire. Un des signes de l’orgueil ? Non, s’indigna-t-elle. Mille fois non. Plutôt le sentiment d’avoir été le jouet du sort, si aveugle quelquefois, quand les vagues déferlent sur ce que vous avez de plus cher au monde, plongent votre vie dans les ténèbres, avant de repartir vers le large, vous y portez les yeux, vous qui êtes là, debout sur la plage, dominé, malmené, désarçonné par un flux et reflux d’incertitudes.
     Maintes fois, elle avait pensé demander à un menuisier de condamner la fenêtre de sa chambre, oui, mais il aurait fallu murer également toutes les portes avec des briques, se murer dans sa souffrance jour et nuit, et comment dire ensuite d’un ton détaché et ferme et convaincant qu’elle avait choisi de vivre avec la mort ? Et qui, dans le matin livide, la croirait sur parole ?
     Refus de pardonner à la mer, donc.


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POINTS DE VUES

Reçu le 11.05.2014 

Une femme à la mer ! dit le bandeau accompagnant le dernier roman de Jean-François SAMLONG paru dans la collection CONTINENTS NOIRS nrf GALLIMARD. Un appel au secours de Madou, cette femme, cette mère submergée par le chagrin d’une disparition, la mémoire du fils qui ne reviendra pas, qui reviendra peut-être…

Une femme qui s’asphyxie d’un espoir absurde, d’une idée fixe qui tue en elle tout élan de vie, toute capacité à renouer une relation normale avec son entourage, avec son propre corps, même : « Je veux marcher sur le sable, déambuler au long de mes souvenirs, qui m’aident à vivre comme d’autres leurs chimères. »

L’histoire que raconte Jean-François SAMLONG est l’obsédante mélopée d’un deuil, qui pourrait ne pas être deuil, comme en témoigne la feinte quête fébrile de Madou : arracher à la mer les preuves de la mort de son fils Bruno, probablement emporté par un requin… preuves qu’elle redoute et qu’elle dénie en son for intérieur.

Mais au fond, elle sait, la mère. Elle sait ce qu’elle ne veut pas savoir, se dérobe soudain lorsqu’une pièce à conviction pourrait permettre de tirer un trait définitif sur l’épreuve.

L’écriture incisive de Jean-François SAMLONG sait admirablement décrire la confusion de cette femme désorientée, comme elle sait la pousser dans ses derniers retranchements.

Dès les premières pages, nous plongeons avec l’héroïne dans un maelstrom d’hésitations, de reculades : un déboussolage total si bien rendu par l’accumulation des expressions pour le décrire.

« Comme une déchéance.
Un dénuement complet.
Un abandon de détresse.
Un incommensurable désert. »

Il ne s’agit pas là d’un quizz, un exercice lexical « Cochez la bonne réponse ». Il nous faut tout prendre des sentiments qui agitent Madou, la femme à la mer, que rien ne pourra sauver de sa déréliction : « Pourquoi ne suis-je plus dans l’attente d’être heureuse, et de ce que demain me réservera de positif ? »

C’est là que le roman dépasse le pathétique d’une mère accablée par le destin, aux désirs de vengeance parfois puérils, pour nous conduire aux cheminements, aux interrogations d’une universelle condition humaine. Cette aspiration au bonheur qui jaillit du plus profond de notre être, est-il pire tourment que celui d’en être privé ?

De même, à l’instar de la femme en désarroi, chacun d’entre nous se bat avec quelque deuil caché aux replis de sa mémoire, en son inconscient. Et qui ne partage son effroi devant notre inexorable condition de mortel ?

« … un événement qui advient chaque jour, suscite la curiosité ou l’horreur, et soudain l’homme n’est plus celui qui, l’instant d’avant, se sentait inébranlable tel un roc, grisé par sa propre vanité, mais non, il découvre ses limites, sa petitesse, car si la renommée le rehausse, la mort le néantise. »

Ou encore cette étrange gymnastique à laquelle nous nous adonnons à chacun de nos instants pour tenter de leur donner une cohérence malgré les fragmentations dues aux événements extérieurs : « Elle tentait de jongler avec le temps d’hier et celui d’aujourd’hui, de créer une diversion qui la délierait de sa peine, puis de placer un trait d’union entre ce qui fut et ne serait plus,… »

En se penchant sur les affres d’un deuil longuement ressassé, l’auteur nous offre un magnifique récit-miroir qui nous entraîne au plus intime de notre être.

Et mon plaisir de lectrice de fond se trouve amplifié par la belle mise en littérature de cet ouvrage : une réussite grâce à une écriture ciselée, travaillée, à une langue riche au service du mot juste, du détail qui fait mouche, qui sait se parer d’une touche de lyrisme dans les évocations de l’océan, le partenaire, le confident omniprésent : « Et les voiliers se transformeraient-ils en oiseaux géants ? La mer se métamorphoserait-elle en une horde de chevaux ? »

De la première à la dernière page, l’écrivain a su pulser une force, un souffle qui permet au lecteur de ne jamais perdre intérêt à ce texte prenant, de toujours rester sous tension.

En tout cas, j’ai puisé dans ce roman de magnifiques moments de lecture et je me suis laissé envoûter par ces ressassements de l’âme, accordés aux ressassements infinis de la mer.

Et il convient de puiser une dernière fois aux mots de l’auteur, de lui laisser l’ultime soin de signer son œuvre.

« Une mort sans cesse recommencée.
Comme la mer.
Comme l’amour. »

Monique MERABET, 11 mai 2014

 

Reçu le 10.05.2014

Cher Jean François, j'ai enfin pu me plonger dans le plaisir de la lecture de ton dernier livre. Avec cette appréhension... l'enfant disparu... mort... l'angoisse et la folie maternelle... il me brûlait les mains, il est parti d'abord dans celles d'une amie (la fille du psy, C. Brisset) qui me l'a rendu en me disant que décidément tu étais un vrai écrivain de la psyché humaine. C'est fascinant les images, le scénario (il faut en faire un film !), tu trouves les mots d'une mère. Mais contrairement à ta dédicace : je ne trouve pas que la lecture de tes livres soit « sans danger » ... Bien amicalement.

Céline

 

Reçu le 10.05.2014

Cher Jean-François, je viens de finir ton livre En eaux troubles. C'est très beau. Il y a de la poésie dans chaque phrase et de la philosophie dans toutes ces pages. Merci J-François.

Catherine Brai

 

Reçu le 03.04.2014

Je suis en train de terminer ton bouquin : troublant ! On en reparlera quand j'aurai fini ma dernière brasse.

Monique Séverin

 

Reçu le 01.04.2014

Bonsoir Jean-François, koman i lé ?
Alor koman lété Salon du livre ?
Sinonsa mersi pou lo foto (Sandra sirtou) é out zoli liv. Lo liv lé vréman zoli é la fin lé gayar !
Nou artrouv

Patrice Treuthardt

 

Reçu le 26.03.2014

Une fois encore, il m'a été révélé que ô combien une mort prématurée (contre nature) et de surcroît violente peut être traumatisante, ô ! ô ! combien le pire deuil à faire est celui d'une mère pour son enfant. Toutefois, j'ai été très heureuse de voir une fois encore que la vie est plus forte et qu'un malheur peut aider une réparation.

Un merveilleux message d'espoir ! Merci !

Je ne cesse, depuis, de penser à la petite sœur de Bruno. Quelle vie aura-t-elle ? Cela est peut-être une autre histoire, me direz-vous.

Isabelle Girault

 

Reçu le 13.03.2014

En ce moment, je suis plongée dans ton livre... j'aime beaucoup.

Bises

Laura

 

Reçu le 11.03.2014

Manifestement, nager en eaux troubles littéraires en ta compagnie ne semble pas me poser problème ! Pour l'heure, je suis encore sur la plage de ton roman : j'ai aimé "En mémoire des requins".

Amitiés.

Monique Séverin

 

Reçu le 11.03.2014

Je suis en train de lire ton roman : aucun risque que je ne me noie en eaux troubles mais plutôt dans l'eau vivifiante de ton écriture... Bravo, c'est un beau roman, prenant, troublant...

Amitiés.

Catherine Pinaly


en_eaux_troublesDEDICACE A LA LIBRAIRIE AUTREMENT

Jean-François Samlong a dédicacé son dernier roman, En eaux troubles, à la librairie Autrement, à Saint-Denis. Ses lecteurs découvriront ainsi l’histoire de cette femme qui, après avoir perdu son fils de vingt ans, tente de transcender sa souffrance par tous les moyens. Un roman à lire en se souvenant que l’homme vient de la mer, de la mère… et le requin, d’où vient-il ? Doit-on le renvoyer dans les abysses ? Une chose est certaine : Madou, la mère, souhaite triompher de cette épreuve, elle garde espoir, elle est à la recherche de sens. Le tout est de savoir si cet espoir n’est pas un leurre et si elle cherche dans la bonne direction. Ainsi est posée, sur deux axes fondamentaux, la question de savoir comment survivre quand on croit avoir tout perdu. Ceux qui ont lu Platon savent que l’ombre n’est pas la vraie vie ; que ce qui compte c’est l’homme et le soleil qui l’éclaire. Oui, bien sûr. Mais comment voir le soleil quand la douleur vous aveugle ? C’est l’une des clés du roman, car pour Boris Cyrulnik, « le seul moyen d’accéder à l’autonomie, c’est de construire une chimère, une représentation théâtrale de soi, une fascination de l’inattendu, un amour de rebondissements qui jalonnent le roman de notre vie. » Et qui jalonnent, donc, la vie de Madou…

 

Photos: Sandra Emma

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couv_eaux_troublesConférence-débat de Jean-François SAMLONG à la Médiathèque du Tampon le mercredi 16 avril…

 

Dans son dernier roman, En eaux troubles, l’attaque des requins, aussi dramatique et mystérieuse et fréquente soit-elle à l’île de La Réunion, n’est pas le thème principal de ce roman, elle est ce qu’on appelle « l’élément perturbateur », car l’intrigue se déroule comme un fil à partir de ce questionnement : comment se noue et se dénoue la trame de nos destinées ? Faut-il s’incliner devant ce mythe qu’est la fatalité ?

La mère qui a perdu son fils de vingt ans, probablement happé par un requin, se demande : Quelle faute a-t-elle commise ? Qu’a-t-elle fait et à qui ? Pourquoi elle ? De l’impossibilité de faire son deuil, puisque la mer n’a pas rendu à la mère le corps de son fils, naît la souffrance qui entraîne une femme vers les rives de la folie.

Tout au long du débat, des questions pertinentes, par exemple celle-ci : « Une fois que vous avez écrit votre roman, que reste-t-il ? C’est-à-dire, qu’est-ce que vous-même, en tant qu’homme, en tant qu’écrivain, vous en avez retiré ? Est-ce que vous vous contentez de passer à un autre roman, un point c’est tout ? »

 

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couv_eaux_troublesJean-François Samlong, ambassadeur de la littérature réunionnaise

Nous avons franchi le pas, après quelques marches irrégulières soumises à l’usure du temps, et nous pénétrons dans la fraîcheur climatisée de cet imposant bâtiment patrimonial qu’est la médiathèque Barquisseau. Dehors, une chape de chaleur torride poudroie aux épaules des promeneurs.

Samedi 15 mars 2014. 14h30. Dans quelques minutes, Jean-François Samlong, auteur « péi » dont le talent a « désauté la mer » jusque dans les bureaux parisiens des éditions Gallimard, montera sur cette petite scène moquettée d’anthracite et bordée de cloisons noires. Les rideaux d’un prune éteint forment une fenêtre bien ouverte sur l’Art. Une table a été installée, un tissu jaune pâle tiré au cordeau la recouvre, avec, en ornement, sur un tiers de la surface du meuble, le drapé parme d’une autre texture, couleurs complémentaires, harmonie, l’écrivain francophone et poète créole se définit déjà : entre soleil ardent et flot iridescent, entre vie et mort, le titre de son dernier roman s’écrit là, juste devant nous ; l’île de La Réunion, le deuil, « tristes tropiques » ou tropiques d’inconsolable tristesse, nous sommes, nous, les habitants d’un sol métissé, conviés aussi à nager « En Eaux troubles ».

Madame Linda Koo Seen Lin préside ce moment de présentation d’un livre en dédicace, en promotion. Hommage à l’art du romancier mais également le dit de cet éventail d’inspiration qui lui fait aborder le fait divers ou fictionnaliser l’Histoire, quotidien tragique ou tragédie inhumaine, psychose du squale mangeur d’hommes ou terreur de la magie meurtrière d’un trio d’assassins qui boivent le « siro le mor ». Evocation d’une écriture contrastée qui nous hante de rouge Sitarane avec « Une Guillotine dans un train de nuit » ou qui nous éblouit de bleu marin dans « En Eaux troubles ».

Un mince sourire aux lèvres, Jean-François Samlong écoute, sobre, les yeux protégés de lunettes aux verres fumés. Son entrée a été simple, presque discrète ; tout à coup, il a été devant nous, assis à cette table bicolore, et on n’a d’yeux que pour lui, car le silence de l’écoute est une efficace captation des attentions. Les orchidées plantées dans un morceau de bois flotté semblent avoir disparu. On part à la découverte d’un écrivain, d’un maître de la parole et de l’imaginaire, on découvre l’homme.

Et sa voix s’élève. Pas de notes. Une éloquence fluide qui nous enveloppe d’authenticité. Pas d’effets. Juste de l’aisance à parler, le plaisir des mots, du terme exact. Et notre esprit se tend vers lui, il se forge une entente, une communication qui va au-delà de la sympathie.

L’émotion est là lorsque Jean-François Samlong revient sur son passé d’enfant abandonné, élevé par une grand-mère aimante qui l’emmène avec elle à la rivière pour faire la lessive ; elle est un regard, une silhouette tutélaire, une omniprésence rassurante qui se passe de mots. Et écrire « L’Empreinte  française » a été l’occasion d’un hymne à cet être d’amour : et ses mots à lui qui disent ce qui ne se prononçait pas, sont résurrection d’une impalpable protection, hors du temps. Ils permettent une fusion des moments de cette époque-là, ressurgie de l’enfance démunie. Il a accompli le titanesque parcours qui conduit vers le savoir, l’imprégnation d’une culture autre, l’appropriation de concepts étrangers à son vécu, parcours obligé, semé d’efforts, qui devient une voie royale vers le dépassement, le choix et une liberté bien à soi.

Ainsi est-il devenu écrivain, lui qui n’avait pas de culture en héritage, juste la confiance que lui a donnée cette grand-maman tant aimée.

Pourtant les mots sont un piège, ils résistent : entre dix et quinze heures pour, non pas raconter, non pas seulement mettre en scène, mais « écrire », terme clé, bien au-dessus de tout récit : un jaillissement hors du « fénoir » des schémas préconçus, de l’actuel, du banal. Ecrire, dit-il, ou plutôt « s’écrire ». Ou plutôt, « pousser son propre cri ». Cela relève d’une exigence esthétique, l’écrivain veut aller vers le beau (ce « rêve de pierre »), son idée du beau, et il construit de la vie, il crée des fragments de vérité, des formes de vécu ; il est un bâtisseur, un démiurge.

Jean-François Samlong montre un grand respect du lecteur qu’il faut surprendre, à la manière de John Irving. Le livre, qu’on soumet à la lecture d’inconnus, pose la question non pas de la sincérité mais de ce qui pourrait être une tricherie, un trucage du réel. Lorsqu’il a composé le personnage de Madou, protagoniste du roman « En Eaux troubles », la réalité des accidents de surfeurs attaqués par des requins rattrapait sa créativité, l’actualité le talonnait, c’était une lutte contre le temps de l’événement et une course à la nécessité de faire des choix pour que le personnage existe sans que le texte ne tourne au documentaire. Il s’est donc immergé dans le reportage et les commentaires journalistiques, pour faire remonter sous sa plume un être perçu de l’intérieur, dans tout son ressenti de mère amputée de l’amour et de la présence de son fils. Dans ce dernier roman, il est narrateur omniscient ; il crée un psycho-récit où s’expriment avec acuité le vécu et toutes les nuances de la douleur et du chagrin.

Le corps de Bruno, dont l’être est magnifié dans le souvenir doré de sa jeunesse dévorée, n’ayant pu être retrouvé, Madou s’enferme dans le déni, dans une attente acharnée de ce fils mythifié. Elle vient scruter la mer, dans l’espoir, renouvelé comme une vague, qu’il en revienne vainqueur, beau, intact et que tout cela ne soit pas. Car cela ne peut pas être. Mais l’horreur s’impose, patente, bientôt prouvée.

L’écrivain projette sa propre vision du deuil, en fusion avec cet être de papier qu’il investit de lui-même. « Madame Bovary, c’est moi », affirmait Flaubert. Il en va ainsi : une relation de proximité, de superposition même, comme un dialogue implicite qui submerge l’écriture ; et la conclusion reste ouverte, tel un lendemain que s’approprie chaque lecteur renvoyé à son vécu antérieur, à sa liberté ; car la lecture est une prise de possession, une intrusion dans l’univers d’un auteur, elle en devient la réécriture.

Or certains ne lisent que pour l’histoire qu’on leur raconte, cherchent à s’identifier au personnage, s’autorisent à le juger, à en critiquer le comportement. Degré infime de la lecture. Madou n’est pas une femme qui pleure, son deuil est impossible puisqu’elle attend de la mer qu’elle lui rende le temps d’avant, celui du bonheur perdu, âge d’or de son existence.

La lecture est « poiésis », elle est action. Et en interaction avec l’écriture. On ne peut être écrivain sans être un grand lecteur : lire les œuvres des autres nous ouvre à des techniques narratives, des procédés d’élaboration, des approches du dialogue, des analyses approfondies, et même des affinités électives, tout un univers de mots qui devient le lit, le moteur, le tremplin d’une création propre. Il n’est pas d’auteur qui ne respire de références personnelles et de cette innutrition.

Pour Jean-François Samlong, le maître de son monde d’apprenant en terre étrangère, le mentor de l’autodidacte qu’il fut, celui qui a bouleversé son imaginaire, construit en lui une langue nouvelle, un monde parallèle de mots ineffaçables, est Victor Hugo, avec « L’Homme qui rit ». Vaste univers romanesque qui dit, avec les termes les plus justes et selon des phrases rythmées par une profonde connaissance de la vie, la blessure, la « fêlure originelle » de l’exclu. « On se lit soi-même dans l’écrit de l’autre », dit-il. Il évoquera pareillement Marguerite Duras comme l’un des plus grands romanciers du XXème siècle, citera également Marie Ndiaye et la littérature indienne actuelle.

Le roman « En Eaux troubles » est d’une grande poésie. C’est la plainte d’une mère blessée jusqu’au tréfonds d’elle-même, défaite par la mort, « désexistante », rivée à un présent sans devenir. Un langage très pur, comme un chant lamenté à la mer rivale, sous-tend une émotion à fleur d’être.

Cette riche après-midi, en plongée dans la création littéraire de Jean-François Samlong, s’achève. L’écrivain se prête à la dédicace de son dernier ouvrage. Il prend son temps, on l’entoure, la communication est aisée, un homme chaleureux s’adresse à nous et on s’attarde.

Comment ne pas regretter une salle plus pleine ? Faut-il donc être étranger, américain de surcroît, pour faire naître la curiosité ? Faut-il toujours aller chercher plus loin une prétendue qualité artistique, alors que le talent est là, effervescent, tout près de nous, pauvres aveugles que nous sommes, dans notre île si réactive, qui sublime son passé en « douleur créatrice » ?

Dehors, la chaleur nous prend à la gorge ; le va-et-vient consumériste n’a pas faibli, et les promeneurs longent indifférents les murs de la médiathèque.

Dehors, nul embrun ne souffle de la mer le sel odorant d’un roman à découvrir. La vie est étale. Mais résonneront en nous les échos d’une riche après-midi de mars, à l’écume tenace de quelques heures arrachées à l’ordinaire et à la banalité.

Halima Grimal, écrivain


couv_eaux_troublesJean-François SAMLONG : une figure emblématique de la littérature réunionnaise

 

J’aurai pu commencer une introduction à Jean-François SAMLONG en m’inspirant des Américains puisque sa venue, ici, succède à celle de Douglas KENNEDY l’autre soir, il y a un peu moins de monde et cela confirme la validité du proverbe : « Nul n’est prophète dans son pays. » Mais passons, bien que… j’y reviendrai.

Oui j’aurai pu y aller de mon propos comparant notre petit pays au géant américain en remarquant que les Américains ont souvent été obligés d’utiliser leur 2ème prénom, voire de s’en inventer un en initiale pour conférer à leur nom ce petit plus qui « en impose ». Je vous citerai George W. Bush ou John F. Kennedy. JFSL n’aurait pas eu besoin de cet artifice avec un nom comme le sien. Mais je ne veux pas être triviale, car l’heure est sérieuse, grave même…

Nous le recevons aujourd’hui à Saint-Pierre, et nous sommes immensément fiers qu’il soit là, une figure emblématique de la littérature réunionnaise.

Patiemment depuis plus de 30 ans, depuis 1982, année où il remporta avec TERRE ARRACHEE, son premier prix (le Prix de Madagascar), il explore les sentiers de notre histoire, d’ailleurs TERRE ARRACHEE raconte l’adaptation dans l’île de travailleurs malgaches. L’esclavage et le marronnage dans le NEGRE BLANC DE BEL AIR et dans un autre livre publié en 1987, POUR LES BRAVOS DE L’EMPIRE, c’est la période de la seconde guerre mondiale et le pouvoir vichyste qui sévit.

De La Réunion, il en a visité les personnages, Madame DESBASSYNS, SITARANE, KALLA étend son manteau dans DANSE SUR UN VOLCAN.

Il inspecte les éléments, cyclone – LA NUIT CYCLONE, volcan, mer et les requins maintenant avec ce livre dernier-né : EN EAUX TROUBLES.

Rien n’échappe à son regard, je dirai à sa « scrutation » si je ne craignais d’offenser avec ce néologisme. Il s’est retourné sur son passé, il est revenu aux sources de son enfance et de son adolescence. Dans l’EMPREINTE FRANCAISE, il nous livre un récit plein de tendresse et de clés dans une société qui a encore le respect de valeurs. C’est un très beau livre, un récit d’enfance et d’initiation. Je vous signale aussi que la boutique « chinois » qui figure sur la couverture est une boutique de Saint-Pierre, qui se situait à l’angle de la rue des Bons Enfants et Victor le Vigoureux à 50 mètres de là. Elle a été hélas démolie, dans la petite taverne qui jouxtait la boutique, la décoration était surréaliste, des seins de femmes au plafond... Mais ceci est une autre histoire.

La société réunionnaise dépeinte par JFSL est une société qui certes se débat dans des difficultés, fait face à des monstres extérieurs, qu’ils soient produits par les éléments climatiques, telluriques ou même par l’homme. La caractéristique c’est qu’il vient d’ailleurs, esclavage, pouvoir vichyste. L’homme chez JFSL est un être qui n’est jamais foncièrement mauvais, même SITARANE échappe au tout mauvais.

Nous sommes loin de la littérature mauricienne où la violence infuse, irrigue et recouvre chaque centimètre carré de littérature, violence sourde quelquefois, tapie dans chaque geste et dans chaque situation, abominable, injuste et à l’encontre de tous les personnages de la littérature actuelle.

Pourquoi la littérature réunionnaise est-elle si différente de la littérature mauricienne ? Sachant que la littérature est le reflet de la société, est-ce une différence sociétale ? Voilà une question sur laquelle je voudrais que JFSL nous donne son sentiment.

D’autre part, JFSL aborde depuis SITARANE autant le fait divers que le récit de la grande histoire. Comment a-t-il abordé la crise requin pour en créer une fiction sans être piégé par le documentaire ou le reportage (ce qui aurait pu être un piège).JFSL « fictionnalise » aussi la Grande Histoire – la période de la seconde guerre mondiale, l’esclavage mais ceux-ci font partie de l’imaginaire collectif. Comment l’auteur s’approprie-t-il les faits ? Mélange de vérités et d’invention, quelle alchimie ?

Quelle différence ou y a-t-il une différence de traitement des thèmes ?

Finalement, j’aimerais entendre JFSL nous parler de ses affinités littéraires. Des littératures qui l’ont inspiré, des ouvrages qui l’ont nourri.

Nous avons tant et tant de choses à entendre de vous que je vais briser là et vous écouter.

 

Linda Koo-Seen-Lin, Directrice de la Médiathèque de Saint-Pierre

PS : Tu sais qu'on continue à parler de cette après-midi de samedi, une lectrice me disait hier combien elle avait apprécié la rencontre, le livre de toi qu'elle avait préféré est " L'arbre de violence", elle avait aimé ce roman âpre qu'elle avait découvert, alors qu'elle venait d'arriver à La Réunion, elle avait aussi assisté à un rencontre magique autour de la créolie entre toi, Mgr Aubry et Eric Boyer, la poésie lui était apparue dans toute sa beauté et elle en avait gardé un souvenir enchanteur. C'est extraordinaire de faire tant de bien aux "gens".


couv_eaux_troubles Jean-François Samlong à la médiathèque de St-Pierre

La médiathèque de Saint-Pierre et toute son équipe ont reçu Jean-François Samlong pour une conférence-débat à l’occasion de la parution de son dernier roman En eaux troubles (Gallimard-2014) qui traite d’un fait divers : un jeune surfer de 20 ans avalé par la mer…

Le jeu de questions-réponses, après une présentation de l’écrivain par la directrice de la médiathèque, a permis à Jean-François Samlong d’aller à la rencontre de ses lecteurs attentifs, patients, passionnés. L’écrivain a eu également l’occasion de revenir sur plusieurs de ses ouvrages dont Madame Desbassayns (1985), La nuit cyclone (1992) et surtout L’empreinte Française (2005), son unique roman autobiographique. Des échanges jalonnés d’anecdotes, de clins d’œil et de remarques pertinentes. La rencontre s’est terminée par une séance de dédicace proposée par la librairie Autrement. Cet échange se situe dans le cadre de rencontres mensuelles proposées par la médiathèque de Saint-Pierre, et la romancière Bernadette Thomas sera la prochaine invitée.


Sandra Emma

 

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couv_eaux_troubles JEAN-FRANCOIS SAMLONG RACONTE LA PSYCHOSE DU REQUIN…

Après le succès d’Une guillotine dans un train de nuit (2013), Jean-François Samlong vient de faire paraître En eaux troubles, chez les éditions Gallimard, dans la collection « Continents Noirs » dirigée par Jean-Noël Schifano. Un nouvel ouvrage qui ne traite pas de l’histoire de La Réunion, mais de la psychose du requin qui s’est emparée de l’île durant plus de deux ans, de février 2011 à octobre 2013, avec la mort tragique de la jeune Sarah dans la baie de Saint-Paul…

Question : Peut-on dire que la trame de votre nouveau roman est fondée sur un fait divers ?

Réponse : Absolument. J’ai voulu, pour une fois, collé à la réalité avec tous ses drames et ses questionnements autour de l’attaque des requins durant une période précise, notamment sur la côte sud-ouest de l’île, ce qui a créé une « psychose du requin » qui n’est pas terminée, bien entendu. Ce qui m’a surpris, c’est qu’on a posé le requin comme étant l’ennemi héréditaire de l’homme, oubliant ainsi que le requin vit dans son élément, la mer, et qu’il ne peut vivre nulle part ailleurs ; soit on apprend à mieux le connaître et à vivre avec lui, soit on travaille à sa disparition en continuant à le chasser. Or, nous le savons, sans les requins, la mer ne serait plus qu’une vaste étendue d’eau livrée aux méduses. Cela dit, l’attaque des requins n’a été pour moi qu’un prétexte pour mettre en scène une tragédie humaine avec ses cris de haine et d’amour, ses rebondissements, ses trahisons, et peut-être aussi, quelque part, un désir de vengeance.

Question : Vous débutez votre roman par cette phrase : « La mer avait avalé son fils », un peu comme si vous n’osiez pas, justement, affronter la réalité.

Réponse : En fait, c’est la mère de quarante ans qui n’ose pas croire qu’elle a perdu son fils de vingt ans, suite à l’attaque d’un requin-tigre, au large de la passe de l’Ermitage. Elle refuse cette dure réalité parce qu’on n’a pas retrouvé le corps de son fils, mais qu’une moitié de la planche de surf cisaillée par une double rangée de dents. De l’impossibilité de faire son deuil naîtra un espoir un peu fou de retrouver son fils vivant, mais au fil des jours, par la force des choses, cet espoir s’amenuise, devient de plus en plus ténu, puis disparaît. Alors se pose la question : comment vivre ou survivre avec le souvenir de l’être aimé ?

Question : Alors, comment fait-elle, cette mère, pour vaincre sa souffrance ?

Réponse : C’est la partie du roman qui m’intéresse le plus dans la mesure où elle va plonger dans son passé pour essayer de répondre à cette autre question : Pourquoi moi ? C’est-à-dire, qu’a-t-elle fait pour s’attirer une telle épreuve ? Il y a derrière ce questionnement un sentiment de culpabilité, et elle-même, dans une sorte d’introspection nourrie par la douleur va tenter de mettre un nom sur le vrai coupable, sur celui qui est à l’origine de ses malheurs, en espérant connaître l’apaisement (à défaut de la paix de l’esprit) au bout d’une quête impossible.

Question : Est-ce le mot de la fin ?

Réponse : Non. Surtout pas. Je ne brusque pas la conclusion. Il appartiendra à chaque lecteur de choisir le dénouement de cette tragédie, et son choix, bien sûr, ne le renverra pas au roman, mais à lui-même, à sa propre histoire.

Question : Et l’aventure de l’écriture, où se situe-t-elle ?

Réponse : J’ai eu beaucoup de plaisir à écrire ce roman parce que je n’avais pratiquement aucun recul par rapport à la réalité. Et comme j’écris lentement, il me faut dix à quinze heures pour écrire et récrire une page, très souvent la réalité dépassait la fiction, je me disais alors quelle étrange sensation lorsque l’histoire en marche va plus vite que l’histoire racontée, sensation que je n’avais pas connue auparavant avec mes précédents ouvrages, ce qui prouve bien deux choses importantes : tout d’abord, dans l’écriture d’un roman, l’histoire n’est qu’un prétexte, un merveilleux prétexte pour s’ouvrir sur l’imaginaire ; ensuite, l’exigence de l’écriture (la littérature est une mise en scène savante de certaines des propriétés du langage) rejoint l’exigence de l’écrivain qui s’adresse à des lecteurs d’ici et d’ailleurs, et plus il écrit pour le lecteur, plus il conquiert sa liberté, surtout s’il ne raconte pas tout, s’il pratique l’art du raccourci et du sous-entendu.

Propos recueillis par Alain Junot,Journal de l’île de La Réunion en date du 10 mars 2014



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EN EAUX TROUBLES AVEC J.F. SAMLONG…

Les lecteurs ont pu rencontrer l’écrivain Jean-François Samlong lors de la dédicace de son dernier roman : En eaux troubles (éditions Gallimard, collection Continents Noirs), le samedi 8 mars à la librairie Gérard. Quelques écrivains et poètes réunionnais de renom étaient présents : Céline Huet, Catherine Pinaly, Catherine Brai, Laura Bassetti, Patrice Treuthardt, Monique Séverin…

Ce nouveau roman a été accueilli avec enthousiasme par des fans de la première heure qui apprécient les écrits de l’auteur : « Car Bruno savait rire avec moi. Avec son sourire, ses airs tendres, ses phrases affectueuses qui plaisaient tant à sa petite sœur Laura, la joie de vivre roulait en lui ses vagues nonchalantes. Non, il ne savait pas crier. Il ne criait jamais. Ou alors, s’il avait crié ce jour-là, face aux requins, son cri ne fut qu’un murmure qu’aucun être humain ne put entendre. »

Bien évidemment, il n’est aucun danger à nager en eaux troubles avec lui, que le plaisir de lire. 

Sandra Emma

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Jean-François SAMLONG

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